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POURQUOI REFLETS D'ITALIE ?
La “Schola armaturarum juventis pompeiani” s’est effondrée
Mais elle n’est pas le seul monument en danger. Qu’est-ce qu’il arrive au considérable patrimoine artistique et archéologique italien ?
Photo : Simon Howden - FreeDigitalPhotos.net
C’était l’aube du 6 novembre, heureusement pas encore de touriste dans les rues de Pompei, quand la célèbre Maison des gladiateurs s’est effondrée. Seulement les gardiens, en ouvrant le site, s’en sont aperçus. C’est l’alarme immédiate et générale. L’habituel parcours de la recherche des responsabilités et des causes se met en route.

Jusqu’à la majeur institution du pays, le Parlement, où le 10 novembre monsieur le ministre aux Biens Culturels, Sandro Bondi, a dû présenter des explications.

Mais cet effondrement n’est pas la première mauvaise nouvelle concernant  des monuments historiques italiens. En considérant seulement l’année 2010, il y a eu une série d’événements qui, tous ensemble nous fournissent un tableau de la situation pas tout à fait rassurant.

Pour essayer de mieux comprendre, il est mieux parcourir ces événements avant de toute autre considération :

25 février 2010 : le directeur des fouilles de Pompei, Antonio Varone, signale la nécessité d’une intervention pour l’entretien de certaines parties des fouilles qui peuvent devenir instables et dangereuses pour le public.

30 mars 2010 : une partie du plafond de la Domus Aurea, à Rome, s’effondre. A sa place seulement un grand trou dans les jardins qui la surplombe. 60 mètres carrées de la voûte des Galeries de Trajan, correspondants à un lieu appelé « la quinzième chambre », sont disparus dans le grand trou. La cause ? Probablement la pluie plus abondante du normal. Mais ça suffit ? Pour un véritable expert tel que le professeur Andrea Carandini, président du Conseil Supérieur des Biens Culturels, il s’agit d’une explication trop facile et insuffisante et il préfère relancer l’alarme le 31 mars en disant « Ce qui est arrivé hier aux Thermes de Trajan je crains qu’il pourrait arriver même à Villa Adriana à Tivoli. Là, le péril est encore plus fort »

31 mars 2010 : le commissaire extraordinaire pour Pompei, Marcello Fiori, déclare d’avoir présenté un crédit de 39 million d’euros pour le maintien des ruines. 

10 mai 2010 : 6h du matin, le silence qui prédomine dans le Colisée, à Rome, est troublé par un bruit assourdissant : une partie de l’enduit de la voûte d’un couloir au rez-de-chaussée est tombée. Heureusement, encore une fois, il n’y a pas de touristes. Il ne s’agit pas d’un dégât tel que celui de la Domus Aurea (il s’agit d’un mètre carrée seulement) mais le signal est évident. Le sous-secrétaire aux Biens Culturels Francesco Giro commente : « il y a un plan pour une restauration complète. On est en train de chercher les sponsors ».

17 mai 2010 : On s’aperçoit que ce n’est pas seulement l’archéologie qui souffre parce que, de l’hauteur de 12 mètres, une rosace du Palais Spada, toujours à Rome, tombe dans la rue. Encore une fois de la chance : il ne blesse personne. Ni touristes, ni passants, ni les carabinieri qui défendent le Conseil de l’Etat qui a son siège dans le palais.

10 juin 2010 : Inauguration du Théâtre de Pompei après la restauration. Elles sont beaucoup les protestations des techniciens, des archéologues et des passionnés : il semble que la restauration ai été plutôt une reconstruction qui a inséré des briques modernes en tuf parmi les ruines anciennes.

20 juillet 2010 : La section responsable des biens culturels du syndicat italien UIL envoie une pétition au parquet de Naples en relation à cette restauration et, plus en général, au manque de transparence dans la gestion du site archéologique tout au long de la dernière année.

26 août 2010 : il ne s’agit pas d’un effondrement, cette fois, mais plutôt d’un cas de mauvaise administration. La Police Municipale découvre et évacue douze sans abris qui ont choisi de se réparer dans la Domus Aurea. Pour la Police et pour le personnel préposé, sept voyages seront nécessaires pour enlever tous les déchets.

06 novembre 2010 : Cette fois la victime est Pompei et sa Maison des Gladiateurs.

11 novembre 2010 : Le parquet de Torre Annunziata ouvre un dossier concernant les événements arrivés à Pompei et la Cour des Comptes a entrepris une enquête au sujet de la gestion de l’argent mis à disposition pour la mise en sécurité des ruines de la ville romaine.

Ruines
La liste est déjà étonnante et surtout il est inévitable de se demander quelle est la cause de tous ces dommages à un patrimoine artistique unique au monde et qu’est que on peut faire pour le mettre en sécurité.
Effondrements, entretiens négligés, restaurations douteuses : il est difficile de comprendre les faits et les responsabilités.

Ce qui est certain, c’est la situation de quelques monuments. L’explication qui rejetait toute la faute sur une pluie plus abondante que le normal, c’est une explication un peu trop facile pour ce qui est arrivé à Roma et à Pompei.

Quand même, elle n’est pas suffisante pour le professeur Andrea Carandini, professeur d'Archéologie  Classique à l’Université de Roma « La Sapienza » bien connu pour avoir découvert les remparts du Palatino du VIII siècle et pour les fouilles de la villa romaine de « Settefinestre » ainsi que président du Conseil Supérieur des Biens Culturels. Dans un long article confié au quotidien La Repubblica le 31 mars 2010 (le jour après l’effondrement de la voûte de la Domus Aurea), il confirme son alarme pour la situation des biens archéologiques de Roma. Pour le professeur, les temps de la bureaucratie et les manques dans le domaine de la prévention sont à la base du problème. « Seulement la prévention permettra d’éviter les effondrements, dont le triste remède se révèle toujours beaucoup plus cher que la cure préventive. Par exemple, la restauration des 40 mètres carrées de voûte effondrés aura un coût de presque 350 000 euros. Maintenant, nous devons d’abord étayer et puis reconstruire ce qui s’est effondré mais nous n’aurons jamais ce que nous avions jusqu’à hier, mais plutôt un simulacre, nécessaire évidemment mais quand même un simulacre ».

Donc, le problème de la pluie et  aussi des glissements de terrain a sa partie de responsabilité mais surtout il faut noter qu’il est présent un problème d’entretien, si nous faisons confiance à La Repubblica qui dans un article du 1er avril 2010 rapporte une déclaration de Luciano Marchetti, commissaire de la Domus Aurea, qui affirme d’avoir découvert que les écoulements du jardin surmontant la zone de l’effondrement n’avaient jamais été vidés.

Pour Pompei, le problème semble être semblable. La pluie abondante a imprégné le terrain sur lequel s’appuyait la Maison des Gladiateurs et a causé l’effondrement.

Mais c’est évident que la prévention a manqué, de quelque façon.

Et, si on fait encore une fois confiance à l’envoyée du quotidien La Repubblica, en effet il y a eu quelques problèmes. Le 11 novembre Stella Cervasio a publié un article dans lequel elle informe de l’existence d’un journal rédigé par les gardiens des fouilles de Pompei qui chaque jour font le tour des ruines et signalent les problèmes. Dans ce journal on pourrait trouver l’indication d’un problème concernant le lieu de l’effondrement qui remonte à trois jours avant. Mais personne n’a lu cet avis. Pourquoi ? Quelle est la situation de la gestion des fouilles des Pompei à cet instant ?

Encore une fois il faut remonter dans le temps, jusqu’au 11 juin 2008 quand la Présidence du Conseil, dans la personne de Silvio Berlusconi, dans son ordonnance n. 3 692 elle a disposé, a suite d’une situation d’émergence, l’intervention urgente de la Protection Civile. Ce qui a conduit à la nomination d’un Commissaire délégué au territoire archéologique de Pompei. Il s’agissait de monsieur Renato Profili auquel a succédé monsieur Marcello Fiori au commencement du 2009.

Cette disposition nous pose une question : quels sont les compétences de la Protection Civile pour la gestion du patrimoine archéologique ?

De la particularité des fonctions de la Protection Civile, tels quelle est devenue pendant ces dernières années en Italie, nous parlerons dans un autre article parce qu’elle est très importante pour comprendre la gestion de plusieurs situations.

Son intervention dérive de l’ample statut qu'on a lui donné. La définition qu’on peut lire dans le site officiel, la voici : « Avec Protection Civile on entend toutes les structures et les activités mises en œuvre par l’état pour sauvegarder l’intégrité de la vie, des biens, des sites et de l’environnement des dégâts ou de péril de dégâts qui viennent des catastrophes naturels, des catastrophes et d’autres événements catastrophiques ».

Donc, son intervention occupe une place bien plus ample de celle qui est réservé, par exemple, à la Protection Civile française. 

Tivoli - Villa Adriana
Tivoli - Villa Adriana
Et en effet, toujours en considération des problèmes liés aux fouilles,  même le centre archéologique de Roma, pendant le 2009, a été soumis par  monsieur le ministre aux Biens Culturels Sandro Bondi,  à un Commissaire Extraordinaire pour les sites archéologiques de Roma et Ostia ancienne, dans la personne de Guido Bertolaso, chef jusqu’au 11 novembre 2010 de la Protection Civile.

Mais, en revenant à Pompei, dans l’ordonnance qui déclare la situation difficile de la ville, il n’est pas indiqué la qualité de ces difficultés. Quels sont les exceptionnelles difficultés d’un site archéologique unique au monde qui été déjà suivi par une institution préposée ?

Ce qu’il faut noter c’est que cette institution, la « Soprintendenza Archeologica di Pompei » (Direction archéologique de Pompei), était devenue autonome à partir de 1997 et elle dérivait le 82,3 % de ses revenues  de la vente des billets et de services accessoires. Pendant le 2006 et le 2007 il s’agissait de 33 millions d’euros par an.

Avec l’ordonnance qui nomme le Commissaire extraordinaire, 40 millions d’euros ont été confiés à ce dernier. Au même temps la direction a été réunie à celle qui s’occupe de Napoli. En faisant confiance à l’envoyé à Pompei du quotidien La Stampa, Maurizio Assalto, monsieur le ministre aux Biens Culturels Sandro Bondi avait proposé comme explication de cette grave émergence l’existence de bancs de vente illégaux à l’extérieur des fouilles, une gestion chaotique des guides touristiques  et la présence de beaucoup de chiens errants dans les fouilles. Mais en effet, dans le même article du 6 novembre 2008 (il s’agit d’une date fatidique !) le néo commissaire Profili déclare au journaliste que « …aujourd’hui deux tiers de ce site, déclaré de l’Unesco patrimoine de l’humanité dans le 1997, ils sont interdits aux visiteurs. Mon objectif est de récupérer autant que possible l’accès au public ». Finalement le tourisme et ses revenues. Malheureusement des fouilles archéologiques n’ont pas seulement besoin de cet argent mais aussi de sauvegarde et de restaurations compétents, qui évidemment doivent être  interdites au public.

Le nouveau commissaire Fiori, pendant le 2010, a en effet investi beaucoup d’argent pour augmenter les visiteurs en réalisant expositions, projet de sauvegarde de la biodiversité et du patrimoine agricole du terroir et la restauration du théâtre pour la réalisation de spectacles.

Mais, pour ce qui nous est donné de savoir, peu d’investissement pour l’entretien régulier et la mise en sécurité des ruines.

En plus, la réunification des Directions de Napoli et Pompei a surchargé cette dernière et a contraint le directeur des fouilles à suivre des démarches en plus. Cette surcharge lui empêche de vérifier quotidiennement, comme dans le passé,  le journal rédigé par les gardiens et de donner les ordres conséquents.

Pour mieux connaitre les causes, les responsabilités, les choix et les investissements soutenus, il faudra attendre les résultats des investigations du parquet de Torre Annunziata et de la Cour des Comptes. 

Et il faut dire qu’il arrive, quelques fois, que des faits se réalisant au même temps acquièrent une signification différente. Il ne parait pas un cas que le 8 novembre à Roma a été inauguré une exposition dédiée à Giuseppe Garibaldi et qu’on a choisi de l’intituler : « “Garibaldi: tutt’altra Italia io sognavo…” (Garibaldi: une Italie tout à fait différente, je rêvais…).

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